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« Aleph », Paulo Coelho

 

Il existe un lieu où se croisent le temps et l’espace, un lieu parallèle où tous les mondes se rejoignent. Ce lieu c’est l’Aleph. C’est également le titre d’un roman du très célèbre écrivain brésilien Paulo Coelho paru en octobre 2011.

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Avec Aleph, Paulo Coelho invite à partager avec lui un voyage spirituel dans la lignée de son bestseller paru en 1988, LAlchimiste. On suit un auteur en proie aux doutes, qui peine à trouver sa place dans ce monde, se refusant au bonheur. Assailli par de nombreuses questions, il remet en question tous les enseignements qui lui avaient alors permis jusqu’ici d’avancer. Un auteur perdu donc, qui décide d’aller chercher les réponses à ses questions en entreprenant un voyage de plusieurs semaines sur les rails du Transsibérien au coeur de l’immense Russie. Sur son chemin : Hilal. Une jeune violoniste au tempérament de feu qui va alors lui ouvrir les portes de l’Aleph. Ils se sont déjà rencontrés, mais pas ici, pas maintenant.

Voyager avec Paulo Coelho ne s’avère pas chose facile. Le récit est au départ très emmêlé, des pensées couchées sur le papier. Tout comme l’auteur du roman, le lecteur a tendance à se perdre au milieu de ce flux d’interrogations, ne voyant pas tellement où tout ça va le mener. On ne sait pas qui est ce « Je », on n’arrive pas à s’identifier à lui. On se sent comme étranger à ce roman. Il faudra donc attendre patiemment le froid de Russie, 79 pages plus tard, pour enfin débuter le voyage. Celui que l’on nous a promis et qu’on attend avec impatience depuis le début. Mais là encore la déception est au rendez-vous, le dépaysement n’est pas total. Et les personnages sont peu attachants. Hilal aurait pu être touchante, si elle n’avait pas sans cesse ce besoin irrépressible d’être aimée qui la rend parfois à la limite du supportable. L’insatisfaction permanente du protagoniste est bien souvent pesante. Le personnage le plus attachant n’est finalement pas celui qu’on attendait et se trouve être Yao, le vieux traducteur japonais. Yao fait preuve de sagesse et sa simplicité contraste avec la complexité des personnalités du protagoniste et d’Hilal.
Grace à Hilal et à travers l’Aleph, le narrateur est plongé dans l’une de ses nombreuses vies antérieures. C’est finalement le passé du protagoniste qui tient le lecteur en suspens. On veut savoir pourquoi, comment des actes passés justifient-ils toute cette souffrance du présent. On trouve également par ci et par là des passages du récit emprunts d’une certaine forme de poésie. Comme si Paulo Coelho parvenait soudain dans un sursaut d’élan créatif à enfin retranscrire les émotions qu’il souhaite partager.

Malgré de nombreuses pistes de réflexions intéressantes, Paulo Coelho ne réussit pas réellement à partager son expérience. On ne retrouve pas cette proximité que l’auteur entretient habituellement avec ses lecteurs. Et c’est bien dommage car Aleph avait des promesses d’ailleurs et aurait pu emmener sur des chemins bien lointains.

 

 

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2 réflexions au sujet de « « Aleph », Paulo Coelho »

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